Ils ont parié sur le Tourmalet : une famille quitte la Loire-Atlantique pour bâtir son gîte dans les Pyrénées


Ils ont vendu leur maison de Couëron, près de Nantes, pour retaper trois bâtiments abandonnés au pied du Tourmalet. Sans certitudes absolues, mais avec l’idée que la montagne change… et que leur vie peut changer avec elle.

On dit qu’il faut déplacer des montagnes pour changer de vie. Nicolas et Christelle Deniaud ont fait l’inverse : ils ont déplacé leur vie jusqu’aux montagnes. Leur ancien pavillon de Couëron ? Vendu. Leur vie d’avant ? Terminée. En mai dernier, le couple investit trois bâtiments laissés à l’abandon depuis sept ans à Betpouey, commune de 72 habitants proche de Luz-Saint-Sauveur dans les Hautes-Pyrénées.

«  On venait régulièrement dans la région pour un week-end, des vacances. À chaque fois, on repartait frustrés. Il y a deux ans on est passé devant ces bâtiments avec le panneau “À vendre”. Là on s’est dit, c’est notre moment», expliquent-ils sans se lâcher du regard. L’objectif pour cet ancien menuisier et cette ancienne manager commercial : ouvrir en juin 2026 le 1040 Tourmalet, un complexe de 36 couchages pensé pour une montagne en mutation.

Neuf chambres au total (quatre chambres d’hôtes et cinq gîtes), un atelier de réparation vélo, un local à skis, un espace bien-être avec sauna et jacuzzi. Le couple fait tout lui-même, du sol au plafond. « C’est long, mais c’est ce dont on a toujours rêvé », explique Nicolas pendant que leurs deux chiens, Ayla et Charlie, se faufilent entre les outils et les câbles.

Un tourisme nouveau et profitable

Leur pari repose sur une intuition : dans les Pyrénées, l’avenir du tourisme ne sera plus uniquement blanc. Les chiffres leur donnent raison. Dans les Pyrénées, la neige fond de plus en plus vite : la période où le sol reste enneigé recule d’en moyenne 4 à 5 jours tous les dix ans. « S’il n’y avait qu’un avenir dans le ski, on ne serait peut-être pas venus », reconnaît Nicolas.

Mais cette crise climatique ouvre d’autre portes. Le cyclisme explose sur les cols mythiques, la randonnée attire de nouveaux publics, le tourisme de patrimoine se développe. « Il y a dix ans, les gens venaient ici uniquement en hiver. Maintenant, la région se veut touristique toute l’année », observe Christelle en fixant les montagnes. 

Le 1040 Tourmalet joue sur ce nouveau modèle : du confort, des produits locaux (fromage, miel, viande de vallée), un tourisme axé sur le vélo et la rando plutôt que sur les infrastructures lourdes. « On veut proposer une expérience conviviale et confortable, dans ce cadre que nous offre la montagne », poursuit la mère de famille.

Une vie à reconstruire

Le changement n’est pas que professionnel. Leurs deux fils (Hugo, 13 ans et Eliott, 10 ans) sont scolarisés au petit collège de Luz-Saint-Sauveur, avec 80 élèves en tout dans l’établissement. « Ils ont le même prof de maths de la 6e à la 3e. C’est un autre monde et ca fait beaucoup de changement pour eux », sourit Christelle. La famille a même négocié la création d’un arrêt de bus devant le gîte pour la navette scolaire. 

Le planning est serré. Signature de l’acte de vente en octobre 2025, ouverture des gîtes en juin 2026 . Les démarches administratives, les travaux titanesques, les partenariats avec les producteurs locaux : tout se construit en parallèle. Le soir, quand les enfants sont couchés, Nicolas et Christelle font les comptes dans leurs nouveaux terrains de jeu. Ils ne regrettent rien. « Le pari est risqué, c’est vrai. Mais on a enfin l’impression d’être enfin à notre place.»

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