Violences en état d’ivresse : deux procès ont marqué le tribunal judiciaire de Nantes ce mercredi 25 mars.
Deux procès ont marqué le tribunal judiciaire de Nantes ce mercredi 25 mars. (Crédit Marin.Vaillant)

À Nantes : Il est jugé pour avoir lancé un taille haie sur sa compagne

Au palais de justice de Nantes, mercredi 25 mars, Florian C. est condamné à neuf mois d’incarcération pour violence conjugale en état d’ivresse, impliquant des récidives.

Il est 16h, ce mercredi 25 mars, lorsque Florian C., s’avance à la barre du tribunal judiciaire de Nantes , jugé pour violence conjugale et violence en état d’ivresse, il prend la parole. 

« Je voulais rendre service et tailler la haie », balbutie le prévenu, crâne dégarni et visage rond, depuis le box des accusés. La présidente le coupe : « Avec deux grammes d’alcool dans le sang, vouliez-vous vraiment tailler la haie ? » Florian C. baisse les yeux. Il ne répond pas.

Les faits remontent au lundi 23 mars 2026. Ce trentenaire, diagnostiqué dépressif en 2020, consomme seul, à son domicile du Landreau, une demi-bouteille de whisky. En milieu d’après-midi, il se rend chez son ex-compagne, avec laquelle il entretient encore une relation. Ivre et titubant, il entreprend de tailler la haie du jardin.

Il blesse sa compagne avec un taille haie

En le découvrant, la victime s’approche, surprise. Très vite, la situation dégénère. Une dispute éclate, et alerte le voisinage. « Je me suis rendu compte qu’il avait bu, et c’est sûrement pour ça qu’on s’est énervés », explique Priscillia A. Les insultes fusent. Soudain, Florian C. saisit une cisaille d’une soixantaine de centimètres et la lance en direction de la victime, qui s’érafle la jambe.

Leur fils intervient alors pour s’interposer. L’homme, toujours ivre, le repousse violemment et lui assène un coup de poing au ventre. « Il a été projeté sur trois mètres », affirme un voisin, témoin de la scène. L’altercation prend fin lorsque la victime quitte les lieux pour aller chercher ses enfants à l’école.

« Ce n’est pas normal ce qu’il a fait à mon fils » 

À l’audience, la présidente revient sur les faits. « Est-ce que vous trouvez cela normal ? », « Non, ce n’est pas normal ce qu’il a fait à mon fils », répond la mère, en minimisant les faits : « Il ne m’a presque pas touchée, il était ivre… »,  « Mais il vous a visée », insiste la magistrate. « Oui… ». Le silence s’installe.

Car l’épisode n’est pas un cas isolé. Le voisin évoque « de nombreuses disputes violentes, accompagnées d’injures réciproques ». Depuis 2022, Florian C. a déjà comparu à trois reprises pour des faits similaires.

Les précédentes condamnations sont lourdes : interdiction d’entrer en contact avec trois de ses enfants, obligation de soins, placement sous bracelet électronique. Un dispositif qu’il a lui-même sectionné à l’aide de ciseaux. « Je ne pensais pas que c’était aussi simple, j’ai retenu la leçon », glisse-t-il maladroitement.

« Je veux me soigner, je veux revoir mes enfants » 

À la barre, le prévenu reconnaît ses difficultés avec l’alcool. « Je veux revoir mes enfants, je veux m’en sortir », affirme-t-il, assurant vouloir se soigner. Il évoque aussi ses problèmes de possessivité. « Je suis jaloux, j’ai peur que tout le monde soit contre moi. »

La victime quant à elle, possiblement sous emprise, ne formule aucune demande en son nom propre et se constitue partie civile, a priori, à la demande de son fils. Son avocate requiert néanmoins une mesure d’assistance éducative.

Le procureur, lui, appelle à une réponse ferme. « Il faut que tout cela cesse », déclare-t-il, rappelant les antécédents du prévenu. Il requiert dix mois d’emprisonnement, ainsi qu’une interdiction de paraître au domicile des victimes pendant deux ans, assortie d’une interdiction de port d’arme et d’une inéligibilité.

Le tribunal suit en grande partie ces réquisitions. Florian C. est condamné à neuf mois d’emprisonnement. Il lui est interdit de paraître au domicile des victimes et d’entrer en contact avec son fils, Kenji, pendant deux ans. Il pourra en revanche continuer de garder contact avec Priscillia A. 

Sur les bancs du public, une femme fond en larmes avant de quitter la salle d’audience, vraisemblablement la mère du prévenu. Florian C. jette un dernier regard à sa « compagne » avant de quitter la salle.



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