Ronan Moinet partage son expérience au public lors de la Conférence perchée
Ronan Moinet partage son expérience au public lors de la Conférence perchée © Carla Chevalier

À Nantes, qui protège les arbres ? 

Mardi 24 mars, la Conférence perchée de Ronan Moinet s’est tenue au Théâtre Universitaire de Nantes. La figure de l’arbre y est centrale. Tour d’horizon sur ceux qui préservent ces espèces dans la métropole nantaise.

Chênes, cèdres, platanes et tant d’autres arbres font partie du paysage nantais. Ils nous entourent depuis toujours et se multiplient dans le centre-ville. Pourtant, la Loire-Atlantique et ses 9% de forêts et de bois ne figurent que 89ème sur les 95 départements en taux de boisement. 

Une difficulté palliée par de nombreux acteurs. Ronan Moinet, ingénieur agronome de formation et artiste de profession, présentait mardi 24 mars 2026, au Théâtre Universitaire de Nantes, sa Conférence perchée. Pendant sept jours, “l’ingénieur bifurqueur” a vécu dans un chêne bicentenaire de 25 mètres situé au cœur du parc du Grand Blottereau.

Dans son récit, il évoque le lien fort créé avec le vivant qu’il soit animal ou végétal. Il questionne également la place de l’arbre dans nos quotidiens et l’importance qu’il prend à Nantes : «Quand on parle de reconnexion à la nature, on s’imagine toujours devoir partir à l’autre bout du monde. Alors que la biodiversité qui nous entoure est tout aussi importante et doit être valorisée. » Un sujet que la ville de Nantes et des associations, comme Repousse, ont bien compris. 

Place à l’action

Marion Huet en a eu assez d’être éco-anxieuse. Un matin de 2023 : « J’ai décidé d’enfin agir ! » Est alors née l’association Repousse, une pépinière participative à Nantes. Un projet qui rassemble déjà 250 adhérents et 150 bénévoles. Ces citoyens de Nantes et de ses alentours mènent un projet en trois axes. « On peut dire qu’on est la SPA des arbres. » Les invendus des pépinières et les arbres qui poussent sur des chantiers sont récupérés et soignés. Par la suite, ils sont replantés chez ceux qui n’ont pas les moyens de faire la démarche seul. 

Marion Huet soutient que l’on a tous « un bon souvenir avec un arbre ». Elle et son équipe mènent alors des ateliers de sensibilisation avec les communes ou les entreprises. Un moyen de se reconnecter avec la nature. Des plantations participatives sont également proposées, en duo. Celui-ci peut-être composé d’une personne en service civique environnemental et d’une personne en situation de handicap. L’objectif est « de semer une petite graine dans la tête des gens ». 

De leur côté, cette association mène des expérimentations depuis 2023 sur un terrain de 6000m2 à la Haie-Fouassière, près de Nantes. Les conditions de survie des arbres sont étudiées pour mener à bien les futures plantations. La fondatrice de cette mobilisation est fière de son projet : « On arrive à répondre au problème avec le sourire, du moins on essaye au lieu de s’inquiéter. »

La ville s’engage 

Ces acteurs s’engagent à mobiliser les citoyens autour des arbres, mais ce ne sont pas les seuls. En 2024, Nantes Métropole a adopté une Charte des arbres qui vise à protéger, valoriser et augmenter la présence de l’arbre sous toutes ses formes. Une victoire pour Marion Huet qui « ne se sent pas seule dans son engagement ». Au 26 novembre 2025, la métropole nantaise comptait 1 million d’arbres pour 680 000 habitants. 

L’autre enjeu majeur, à l’échelle départementale, sont les haies bocagères. Ces clôtures végétales, généralement plantées en bordure de terres agricoles, atténuent le phénomène d’érosion, les vents, luttent contre les inondations et permettent aux cultures de se développer dans de meilleures conditions. Seulement, leur nombre a diminué au fil du temps. La Direction régionale de l’alimentation, de l’agriculture et de la forêts (DRAAF) a mis en place le Pacte en faveur de la haie bocagère dans les Pays de la Loire pour tenter de rattraper les années de destructions.

Objectif : 30 % de canopée

La ville s’engage donc pour l’environnement. Elle même figure 6ème au Palmarès des villes les plus vertes de France réalisé par l’Observatoire des villes vertes en 2023. Cependant, comme beaucoup de métropoles, elle fait face à une difficulté de taille : le développement de la population et par conséquent, des logements.

En effet, même si les espaces verts tendent à être préservés, il n’échappent pas aux constructions. Ce qui explique en partie pourquoi la ville a perdu 4 places au classement des villes les plus vertes en 3 ans. De plus, l’objectif des 30% de canopée — soit la surface couverte par le feuillage des arbres, fixée par la Charte des arbres, n’a pas encore été atteint. Aujourd’hui, nous en sommes à 25,5%, ce qui permet déjà d’atténuer les effets de la canicule.

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