À Nantes, Samira B. a été condamnée ce mercredi 25 mars à huit mois de prison avec sursis pour des faits de violences en état d’ébriété sur un officier de police
À Nantes, Samira B. a été condamnée ce mercredi 25 mars à huit mois de prison avec sursis pour des faits de violences en état d’ébriété sur un officier de police. (Crédit. Marin Vaillant)

À Nantes, elle échappe à la prison après avoir proféré des injures et frappé des policiers

À Nantes, Samira B. a été condamnée ce mercredi 25 mars à huit mois de prison avec sursis pour des faits de violences en état d’ébriété sur un officier de police.

Jugée en comparution immédiate au tribunal de Nantes pour violences sur personne dépositaire de l’autorité publique et violences commises en état d’ivresse, la prévenue, Samira B. a finalement échappé à l’incarcération ferme. Elle a été condamnée à huit mois de prison avec sursis.

Les faits remontent au lundi 23 mars 2026. Aux alentours de 23 heures, la police nationale est appelée à intervenir boulevard des Belges, dans le centre-ville de Nantes. Une femme crie sur la voie publique.

À leur arrivée, les policiers découvrent Samira B., en état d’ivresse, installée dans un véhicule, aux côtés de son fils de dix ans et d’un ami. Constatant son état, ils décident de la raccompagner à son domicile. « Elle titubait, dégageait une forte odeur d’alcool et avait des difficultés à articuler. Elle a refusé de se soumettre à un contrôle à l’éthylomètre », rapportent-ils.

Une chaussure lancée sur un policier

Le trajet se déroule sans incident. Mais à l’arrivée, la situation bascule. Refusant de regagner son logement, la quinquagénaire s’en prend aux fonctionnaires. Les insultes fusent « bande d’enculés, allez vous faire foutre » avant de laisser place aux violences. Coups de pied, chaussure lancée en direction de l’un des agents, crachats au visage : les policiers peinent à la maîtriser. « Elle n’arrêtait pas de se débattre », relatent-ils.

À la barre, dans la salle d’audience numéro 3, la prévenue se décrit comme « en crise » ce soir-là. Elle dit ne se souvenir de rien. « Je ne peux pas expliquer, je ne sais pas ce qui s’est passé, j’ai un trou noir. C’est la première fois que ça m’arrive », répète-t-elle à plusieurs reprises.

Déjà condamnée à plusieurs reprises

Son casier judiciaire raconte une tout autre histoire. Samira B. a déjà été condamnée à plusieurs reprises pour des faits de violences en état d’ivresse. Le 18 mai 2025, elle s’en était prise à des clients d’un restaurant, les insultant sans raison apparente, avant de briser verres et bouteilles en terrasse, puis de frapper une femme au visage.

Quelques mois plus tard, en août 2025, elle avait de nouveau été jugée pour avoir insulté une fonctionnaire de police, après s’en être prise à une caissière du Monoprix, rue du Calvaire, qui l’avait surprise en train de voler des sushis. Ce soir-là déjà, elle était accompagnée de son fils et sous l’emprise de l’alcool.

Interrogée sur ces antécédents, la prévenue affirme n’avoir pris conscience de ses difficultés avec l’alcool que récemment, lundi soir. « Quand je bois, ça finit mal », reconnaît-elle, évoquant l’apparition de « trous noirs ».

« Une forte désinsertion » 

Le procureur de la République dresse un tableau préoccupant. Il évoque une « forte désinsertion » : « Elle n’a plus qu’un toit sur la tête. » Tenant compte également de la situation de son fils, placé à l’aide sociale à l’enfance, il requiert six mois d’emprisonnement ferme, assortis d’une obligation de soins.

Le tribunal opte pour une réponse plus mesurée. Samira B. est condamnée à huit mois d’emprisonnement avec sursis. S’y ajoutent une obligation de soins, une interdiction de port d’arme et le versement de 500 euros au titre du préjudice moral. Une décision qui se veut être, selon la présidente de la cours, une « dernière chance ».


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