Atelier de transformation du pain, Bara'mel. À Saint-Herblain, Pain contre la faim lutte contre le gaspillage et finance des projets solidaires, aidé par l’association Trajet qui favorise l’insertion.
Atelier de transformation du pain, Bara'mel. À Saint-Herblain, Pain contre la faim lutte contre le gaspillage et finance des projets solidaires, aidé par l’association Trajet qui favorise l’insertion. (Crédit. Marin Vaillant)

À Saint-Herblain, ces associations favorisent l’insertion professionnelle en recyclant du pain

« Un cercle vertueux » : À Saint-Herblain, près de Nantes, Pain contre la faim lutte contre le gaspillage et finance des projets solidaires, aidé par l’association Trajet qui favorise l’insertion.

Dans cette commune de la périphérie nantaise, l’association Pain contre la Faim et l’association Trajet collaborent depuis une vingtaine d’années autour d’un même projet : recycler les invendus de pain pour les transformer en nourriture pour animaux. Une fois traités, ces produits sont revendus à un éleveur du sud de la Loire.

« Les camions de collecte arrivent par cette porte. Ensuite, on décharge le pain en panières, on le trie et on le découpe », explique Gwenaëlle Diana, à la tête du site de production de Saint-Herblain. Dans les 200 mètres carrés de l’atelier Bara’Mel (pain d’épices en breton), la blouse blanche est de rigueur. Ici, une trentaine de salariés en insertion font tourner le pôle, à raison de 27 heures par semaine. Certains découpent les baguettes, d’autres séparent les denrées périssables des emballages. D’autres encore assurent le déchargement ou la collecte. Une fois transformé, le pain est vendu coupé en tranche à un éleveur. « Les postes tournent régulièrement. Et lorsque les salariés ne sont pas en production, ils participent à des temps d’accompagnement socio-professionel  », poursuit Gwenaëlle Diana. 

Un projet d’insertion avec Trajet 

Car ici, l’activité économique n’est qu’un levier. Tous les employés sont recrutés et accompagnés par l’association Trajet, pour une durée de deux ans maximum. Depuis quarante ans, la structure œuvre auprès de publics en situation de précarité et d’exclusion, à travers des activités d’hébergement, de logement et d’aide à l’emploi. « Nous accompagnons 1 389 personnes chaque jour », souligne Carole Latrille. « L’objectif est de les remettre sur le chemin de l’emploi. » Au total, à l’atelier Bara’mel, ils sont une soixantaine chaque année à être accompagnés et insérés vers l’emploi, pour un nouveau départ professionnel.

Sur place, une conseillère en insertion professionnelle et une intervenante sociale proposent un suivi individualisé, complété par des formations. « Les salariés peuvent suivre des cours de langue, se former au CACES ou encore à l’informatique », précise Gwenaëlle Diana.

1 200 tonnes de pain collectées en 2025 

Cependant le site ne pourrait pas fonctionner sans l’appui de Pain contre la Faim, qui collecte 75% du pain transformé à Bara’Mel formant un équilibre « donnant-donnant ». Née en 1992, L’idée n’a pas changée : « Transformer le pain en nourriture pour animaux et, grâce aux revenus générés, financer des projets humanitaires », résume Antoine Sorin, son président. L’an dernier, 1 200 tonnes de denrées ont été collectées gratuitement par 220 bénévoles, dans 280 points de collecte de l’agglomération nantaise. « Ce sont principalement des boulangeries artisanales, mais nous récupérons aussi du pain auprès d’une trentaine de grandes et moyennes surfaces », précise Antoine Sorin. Les tournées s’organisent plusieurs fois par semaine, en équipes de trois.

Une fois trié et conditionné, le pain est stocké dans des bennes, puis vendu. Les recettes permettent de faire vivre le site et de rémunérer les salariés. « Même si cela ne suffit pas », tempère Carole Latrille. L’activité dépend des subventions publiques de l’état et du département. Or, ces dernières années, les aides à l’insertion diminuent. « Nous sommes sur le fil du rasoir », alerte-t-elle. 

À la recherche de bénévoles

L’association Trajet reverse un pourcentage de son chiffre d’affaires à Pain contre la faim, leur permettant de financer des projets humanitaires :  À Nantes, l’association Une vie sans faim distribue repas chauds et produits d’hygiène aux sans-abris. À l’international, les Filles de la Charité interviennent auprès des plus démunis à Madagascar. Au Bénin, l’association Terre de Vie accueille une vingtaine d’enfants victimes de maltraitance ou orphelins. 

Pour que ce modèle perdure, l’association Pain contre la Faim recherche aujourd’hui de nouveaux bénévoles afin d’assurer les collectes.

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