Dans les ateliers, les derniers préparatifs des chars sont en cours. Le samedi 4 Avril, tous devront être prêts pour parader dans les rues nantaises. Malgré la fatigue et l’excitation qui se font ressentir pour les bénévoles, ils leurs faut redoubler d’efforts pour être prêts à temps. « Plus on avance, plus on s’approche du carnaval, plus c’est tendu », confie Bernard Gay, président d’une des associations d’organisation du carnaval de Nantes, Les Can’Ailles.
Pour arriver à un résultat parfait, certains n’hésiteront pas à travailler tard dans la nuit : « Il y en a qui vont finir à 2-3 heures du matin la veille du carnaval. » Malgré la pression, l’objectif reste le même : offrir un spectacle à la hauteur. « Tout le monde est là pour aider, pour donner du spectacle. Il faut rester convivial. »
Des mois de préparation loin du public
Derrière ces défilés se cachent des mois de travail. Bernard Gay explique les étapes des projets : « Après septembre, les thèmes sont validés. Ensuite on fait une maquette, un dessin et on commence à travailler. » Une fois le projet accepté, les équipes entrent dans la partie technique : « Mi-octobre, c’est le démontage du char, il faut remettre le plateau à nu et en refaire un pour une nouvelle structure. » Les chars pouvant atteindre jusqu’à 15 mètres reposent sur différentes structures. « Il y a des plateaux tractés par des tracteurs et d’autres auto-tractés, où la motorisation est incorporée. »
La fabrication des chars suit ensuite des étapes bien précises : « On fait une structure métallique, un squelette. » Ensuite, des blocs de polystyrène sont fixés puis sculptés : « Il faut avoir un petit peu des goûts de sculpteur, c’est un travail difficile. » Une fois les formes obtenues, vient le temps du “papierage” où l’on colle des petits morceaux de papier avant de les peindre. « C’est peint en blanc, puis on met la couleur définitive, et enfin du vernis, pour protéger en cas de mauvais temps. » Il ajoute que ce travail est méconnu du grand public : « Les visiteurs sont loin de s’imaginer tout le travail qu’il y a derrière la préparation d’un char. »
Un engagement bénévole et collectif
Chaque création est le résultat d’un travail collectif, souvent sans hiérarchie stricte. Bernard Gay, président de l’association Les Can’Ailles insiste sur le côté convivial et passionné, indispensable à la réalisation des chars : « On se réunit ensemble, on essaie de trouver des idées… c’est tout en convivialité. »
Le carnaval repose également en grande majorité sur le bénévolat. Il précise qu’un char représente « environ 1 000 heures de travail ». Dans les ateliers, les savoir-faire se croisent et s’apprennent sur le tas : « On n’est pas des spécialistes dans la soudure, mais au fil des années on a su diversifier nos tâches. »
Après plusieurs mois de préparation, et des centaines d’heures de travail, les chars sont enfin prêts à prendre vie. Il ne reste plus qu’à les découvrir : rendez-vous le samedi 4 avril pour les admirer dans les rues de Nantes.