Aurélie Bourrigaud, est atteinte de la maladie des "os de verres", sa nouvelle voiture lui assure une totale liberté. © Aurélie Bourrigaud

Aurélie, 47 ans : la vie solide d’une femme aux “os de verre”

Depuis sa première fracture à 15 jours, Aurélie Bourrigaud vit avec une maladie qui fragilise son corps, mais jamais son esprit. Autonome, pudique, réticente à demander de l’aide, elle se retrouve aujourd’hui au cœur d’un élan de solidarité inattendu pour financer une nouvelle voiture adaptée. Portrait d’une femme qui préfère avancer droit, même quand ses os ne suivent pas toujours.

Aurélie a le sourire franc de ceux qui ont trop vécu pour s’attarder sur la plainte. « Je suis née à Ancenis, et ma première fracture est arrivée à quinze jours », raconte-t-elle simplement. Le diagnostic tombe tôt, grâce à un médecin averti. Une chance dans le malheur : la maladie reste encore aujourd’hui difficile à repérer. « On pense souvent à des enfants battus », souffle-t-elle.

Une enfance différente 

L’enfance d’Aurélie se déroule loin de ses parents, dans un centre de rééducation à La Turballe, puis dans des établissements spécialisés où l’intégration n’existait pas. Pas de révolte : juste une réalité. « C’était ma vie. Je ne connaissais rien d’autre. »
Elle avance, patiente, apprend à se reconstruire entre deux fractures. Au lycée puis à la fac, les choses changent : la mixité, la liberté, la vie adulte qui arrive enfin. La liberté pointe le bout de son nez, elle qui était tant attendue.

L’autonomie devient alors son fil rouge. Reprendre ses études à 35 ans ? Elle le fait sans hésiter. Travailler de nuit dans l’intérim ? Aussi. « Je me débrouille beaucoup toute seule », insiste-t-elle. Une phrase qui la définit mieux qu’un long discours.

Demander de l’aide, un combat plus difficile que la maladie

Aujourd’hui, Aurélie a remplacé son véhicule aménagé. Après 25 ans de service, les portes ne se fermaient plus. Et pour cette nouvelle voiture, un coût démesuré de 70 000 € dont 20 000 € d’aménagement. Une somme impossible à assumer seule. Elle résiste deux ans, avant d’accepter de lancer une cagnotte en ligne.

« Je n’aime pas demander de l’aide, surtout financière », confie-t-elle, presque gênée. « J’ai toujours réussi à me débrouiller. » Mais cette fois, la réalité est plus forte que sa débrouillardise.

Et la surprise est immense : elle a fini par avoir la somme nécéssaire. Des proches, des collègues, de la famille éloignée… et même ceux qu’elle ne connaît pas, tous ont participé. « Un anonyme a donné 1 000 €. Je ne sais même pas comment la remercier », dit-elle encore émue. Cet élan la touche profondément, la dépasse même. Elle qui aime qu’on oublie son fauteuil découvre que beaucoup sont prêts à l’aider. « Ça redonne foi en l’humanité », reconnaît-elle dans un sourire.

Ce sourire-là est celui d’une femme qui a pourtant connu la douleur physique. La dernière fracture en date, au col du fémur, l’a immobilisée trois mois. De nature optimiste, elle n’a jamais laissé la maladie dicter sa vie. « Je suis toujours positive. Il y a toujours plus grave. »

Les os d’Aurélie sont fragiles. Elle, c’est tout le contraire.

Lou-Ann Le Rolland et Clara Delanchy

Le Fil Info

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