15h45, les premiers manifestants sont là. Deux drapeaux accrochés sur une barrière, une enceinte, un fond de musique iranienne et une émotion palpable. C’est avec les yeux embués que chacun se prend dans les bras. On peut entendre, en sanglots, des Iraniens demander des nouvelles de leurs familles respectives.

Crédit : Myriam Filali
Dans la foule, Houchang Moradi, restaurateur installé en France depuis 40 ans. Toute sa famille vit encore en Iran et il affirme que le blackout rend tout plus compliqué aujourd’hui. “Je n’ai plus aucun contact avec ma famille depuis le début des manifestations” se désole-t-il. Aujourd’hui un seul désir l’anime, la liberté du peuple iranien.
“Il est temps de s’en sortir”
16h00, le vrai rassemblement commence, les familles se serrent les unes contre les autres autour de l’enceinte pour écouter le discours d’Houchang. La foule crie, le point levé “Femme, Vie, Liberté”, tous unis derrière ce slogan, symbole de la Révolution en Iran.
Mais cette unité est rapidement troublée notamment lorsqu’une vingtaine de contre-manifestants surgissent d’une rue adjacente. Avec des pancartes à la main et leurs slogans “Javid Shah” – “Vive le Shah”. Ils font partis des Iraniens convaincus que le retour d’une monarchie pour diriger l’Iran est la bonne issue. Peu à peu on a pu voir l’atmosphère se tendre. Plusieurs manifestants se sont rapprochés les uns des autres, visages tendus, voix qui s’élèvent pour confronter leurs idées si opposées. Les discussions sont devenues agitées.
Parmi eux, une femme justifie sa position : « Ma famille vit là-bas, et je suis convaincue que le retour du Shah est la meilleure solution pour le pays », affirme-t-elle.
17h30, le rassemblement s’essouffle. Les cris d’unions s’arrêtent, les petits groupes s’éparpillent en se donnant rendez-vous une prochaine fois pour manifester contre ce régime qui brise des vies et laisse des familles sans nouvelles.
Noémie Masson–Scirpo