Alors que la hausse des prix du carburant continue de peser sur les activités quotidiennes des professionnels itinérants, la commune de Basse-Goulaine, au sud de Nantes, a choisi d’agir.
Depuis plusieurs semaines, la municipalité de la commune du sud-loire exonère les commerçants du marché de leur droit de place pendant deux mois. Une décision présentée comme un soutien direct à un modèle économique fragilisé.
Chaque mercredi matin, sous la halle couverte du marché de Grignon, une vingtaine de commerçants installent leurs étals. Pour la mairie, l’enjeu est clair : éviter une baisse de fréquentation et garantir la continuité de ce rendez-vous local. « C’est important pour les Goulainaises et les Goulainais que ce marché soit maintenu », rappelle le maire Alain Vey.
Derrière cette volonté, une réalité économique de plus en plus contraignante. Certains commerçants parcourent plusieurs dizaines de kilomètres pour venir travailler. « Quand vous avez 25 kilomètres à faire, forcément, ça représente un coût », souligne l’élu. Dans ce contexte, la commune a choisi d’anticiper plutôt que de réagir dans l’urgence.
« Notre rôle, c’est d’anticiper »
Sans vote en conseil municipal, la décision a été prise de manière rapide : exonérer les droits de place, soit un manque à gagner estimé entre 500 et 550 euros par mois pour la commune. « Personne ne s’est manifesté pour dire qu’il ne viendrait plus. Mais notre rôle, c’est d’anticiper », insiste le maire.
Au-delà du marché du mercredi, d’autres commerçants ambulants présents le vendredi et le dimanche sont également concernés par cette mesure. Une initiative que la municipalité assume pleinement, dans un contexte de tension persistante sur les coûts de transport.
Du côté des professionnels, la décision est globalement saluée. « La quasi-totalité des commerçants a exprimé sa satisfaction et sa surprise », indique la mairie.

Sur le marché des Américains à Nantes, l’initiative du maire goulainais est salué par clients et exposants.
Mais cette aide locale fait aussi réagir ailleurs, notamment chez certains forains du marché des Américains à Nantes, où la hausse des carburants pèse également sur les déplacements quotidiens.
« Ça devrait être fait partout »
« Honnêtement, c’est une très bonne initiative. Ça devrait être fait partout », estime Marc, vendeur de produits alimentaires, qui parcourt chaque semaine près de 40 kilomètres pour installer son stand. « Nous aussi, on a les mêmes coûts, les mêmes difficultés. Voir qu’une commune prend ça en charge, forcément, ça interroge. »
Même constat pour Sophie, commerçante sur le même marché, qui salue la mesure tout en exprimant une forme d’inégalité de traitement. « À Nantes, on ne bénéficie pas de ce type d’aide, alors qu’on fait aussi énormément de route. Les charges augmentent, le carburant aussi… On a l’impression que ça dépend vraiment des communes. »
Ces réactions mettent en lumière une réalité plus large : celle d’un soutien aux commerçants ambulants très variable selon les territoires. Entre initiatives locales ponctuelles et absence de dispositif national harmonisé, les professionnels composent au cas par cas.
À Basse-Goulaine, le maire défend une logique pragmatique et limitée dans le temps. « C’est une réflexion que j’ai eue dès la hausse des carburants. On va voir comment la situation évolue et on ajustera si nécessaire », explique Alain Vey.
Reste une question en suspens : cette initiative locale, encore rare dans l’agglomération nantaise, pourrait-elle inspirer d’autres communes ? Pour les commerçants, la réponse semble déjà évidente. Pour les collectivités, elle ouvre surtout le débat sur la place du soutien public face à une crise des coûts qui, elle, ne connaît pas de frontières communales.