De gauche à droite : Erwan Bouvais (La Chapelle-sur-Erdre) ; Axel Casenave (Couëron) ; Sébastien Arrouët (Orvault)

Municipales : la bascule à droite des villes de la métropole nantaise

Lors des dernières élections municipales, cinq villes de la métropole nantaise ont chaviré à droite. À Couëron, Thouaré-sur-Loire ou Bouaye, les nouveaux maires veulent faire du terrain un véritable marqueur de leur mandat.

Elle n’a pas fait grand bruit, mais elle s’est installée. Dans la métropole nantaise, une “vague bleue” à marquer les élections municipales de 2026. « L’arrivée de la droite est un phénomène plus national que local » d’ailleurs, selon les acteurs de ce bousculement. 

Non pas parce que la ville principale du département, Nantes, a basculé mais bien car les villes alentours ont effectué ce changement de taille

« Les efforts ont payé »

Couëron, Orvault, La Chapelle-sur-Erdre ou encore Thouaré-sur-Loire, toutes ces villes ont changé de couleur politique. 

Et sur le terrain, la fierté se fait toujours sentir, un mois après le premier tour des élections municipales. C’est le cas à Thouaré-sur-Loire. « Très content d’avoir gagné et puis beaucoup de fierté de voir que les efforts des mois de campagne ont payé », se réjouit l’ancien président du club de foot local, Benoit Fontenit, 7e adjoint au nouveau maire, Didier Besseyre. De son côté, il ne parle pas d’idéologie, mais de rupture : « l’ancienne équipe n’a pas du tout écouté la population, il y avait une rupture totale ». 

Dans son viseur, une majorité sortante accusée d’avoir imposé ses projets, notamment en matière d’urbanisme. « Les gens se sont dit qu’on dépensait l’argent n’importe comment », insiste-t-il.

Des maires qui font valoir le terrain

Même tonalité à Couëron, où la victoire s’est jouée à deux voix près (3556 voix à 3554). À 23 ans, le nouveau maire, de droite, revendique une autre méthode : « mes patrons sont les Couëronnais ! ». Pour lui, le message est clair : « un maire qui reste dans son bureau n’a rien compris ». 

Alors le plus jeune maire de Loire-Atlantique se rend sur le terrain. Quelque chose qu’il fait perdurer après son élection car pour lui, c’est avant tout une promesse de proximité qu’il veut envoyer. 

Cette envie de terrain se ressent d’ailleurs fortement, jusqu’à devenir centrale dans la campagne municipale de 2026. « Les gens ont besoin d’avoir de la proximité avec le maire. Ils veulent des gens de la réalité », affirme Anne-Claire Goyer, récemment élue maire de Bouaye

Un mouvement métropolitain incité par la droite nantaise ?

« Quelqu’un est venu me voir dans la rue pour sa bouche d’égout… toutes les demandes doivent être prises au sérieux », souffle en rigolant la directrice d’une entreprise de 200 salariés, après avoir parlé avec les habitants de la commune après son café habituel du matin. 

Mais au-delà de ces réalités locales, ces résultats viennent d’un mouvement plus large. Pour Foulques Chombart de Lauwe, chef de file de la droite nantaise, « on voit une évolution sociologique et ça fait plaisir ». 

Image d'archives
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Celui qui a recueilli 48% des voix du second tour à Nantes évoque un « capital électoral » en construction et « espère que la prochaine fois, ce sera Nantes qui basculera à droite », déjà avec de l’ambition.

Une majorité affaiblie au conseil de la métropole

Pourtant, la réalité politique nantaise résiste encore à ce récit. A l’image de la ville de Blain qui a effectué le chemin inverse en élisant Thomas Jouan sous les couleurs de l’union de la gauche.

Johanna Rolland a également été reconduite à la tête de la ville et conserve la présidence de la métropole. Mais la donne a changé au conseil municipal : avec 52 sièges sur 98, son camp dispose toujours de la majorité, mais une majorité nettement entachée par rapport aux derniers mandats. 

Avant le scrutin de mars, elle détenait 70 sièges. Un recul significatif qui contraint la maire de la cité des Ducs à plus de discussion et qui ne lui permet plus de diverges avec les autres partis de gauche (Les Écologistes et La France Insoumise notamment). Mais surtout, qui ouvre un espace pour l’opposition, ce qui est inédit au sein de l’hémicycle nantais.

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