Le 1er mai, à Nantes, est-ce que la "promesse" du Premier Ministre permettra la vente de pain et de fleurs ? © Florentin Delacour
Le 1er mai, à Nantes, est-ce que la "promesse" du Premier Ministre permettra la vente de pain et de fleurs ? © Florentin Delacour

Travail le 1er mai : vers une exception pour les boulangers et les fleuristes ?

Sébastien Lecornu a promis, mercredi 15 avril, “une solution” pour que boulangers et fleuristes puissent travailler le 1er mai, un jour seulement après l’abandon de la proposition de loi. À Nantes, les concernés se méfient.

Lundi, face à l’affront syndical, le gouvernement a renoncé à convoquer une commission mixte paritaire (CMP), “un compromis entre l’Assemblée nationale et le Sénat en cas de désaccord persistant sur un projet ou une proposition de loi.” Pourtant, l’adoption définitive du texte de loi devant permettre à certains commerces de travailler le 1er mai était envisagée pour cette semaine.

Mais mercredi, le Premier ministre, Sébastien Lecornu s’est prononcé devant l’hémicycle du palais du Luxembourg, affirmant : “Nous allons trouver une solution négociée, sécurisante et pragmatique”.

“Espérons que sa promesse ne restera pas une simple promesse.

Devant le Sénat, le Premier ministre a répondu à Hervé Marseille, président du groupe Union Centriste (UC) qui l’interpellait sur le sort des boulangers et des fleuristes, le jour de la fête du travail. “Est-ce qu’on peut encore espérer le 1ermai prochain que les boulangers et les fleuristes puissent travailler l’esprit tranquille ?

À Nantes, ce salarié d’une boulangerie du centre-ville songe avec espoir. “Nous serons ouverts le 1er mai. Espérons que sa promesse [celle du Premier ministre] ne restera pas une simple promesse.” Il reconnaît que “la clientèle est au rendez-vous, le 1er mai, nous ne pouvons pas nous permettre de rester fermer.

Un sondage de l’institut CSA publié mercredi confirme que 62% des Français (1 001 sondés, ndlr) sont favorables à l’élargissement de la possibilité de travail à certains secteurs d’activité.

Sébastien Lecornu devrait recevoir jeudi après-midi des représentants de la Confédération nationale de la boulangerie et boulangerie-pâtisserie française, en présence du ministre du Travail, Jean-Pierre Farandou, et de Serge Papin, ministre du Commerce.

© Institut CSA

Où en est la proposition de loi ?

La proposition de loi – déposée le 25 avril 2025 par la sénatrice Annick Billon, le sénateur Hervé Marseille et plusieurs de leurs collègues du groupe Union Centriste (UC) – prévoyait d’étendre la dérogation de travail accordée à certains commerces de bouche de proximité, comme les fleuristes ou jardineries pour la vente de muguet, et les établissements exerçant une activité culturelle comme les cinémas et théâtres.

À présent enterré, le projet de loi ne refera pas surface avant le 1er mai 2027. Un résultat auquel la CGT ne cache pas sa satisfaction : “Alors que les macronistes voulaient faire du 1ermai une “journée à fort potentiel commercial”, le rapport de force a payé”. Le syndicat dénonçait notamment la non-garantie du volontariat des salariés et d’être payé double. 

De son côté, la Confédération des petites et moyennes entreprises (CPME)exprime son incompréhension après la décision du gouvernement de ne pas convoquer la Commission mixte paritaire. En cédant à la pression des organisations syndicales, le gouvernement a choisi de tourner le dos à une majorité de Français”. La CPME demande, dans ce même communiqué, la convocation de la CMP. Le chef de file des députés du parti présidentiel, Gabriel Attal, a lui critiqué sur X le retrait du gouvernement : “Je déplore évidemment cette décision qui pénalise l’ensemble des artisans boulangers et fleuristes.

Que dit la législation actuelle ?

Le code du travail garantit, dans sa version actuelle, que le 1ermai est jour férié et chômé. Néanmoins, certains services sont exemptés de cette règle, car ne pouvant interrompre le travail “en raison de la nature de leur activité”, notamment les services d’urgence.

La loi autorise également les boulangers et les fleuristes à travailler, mais sans leurs salariés. À défaut, l’employeur risque une amende de 750 euros par salarié concerné ou 1 500 euros s’il est mineur. Toutefois, la portée exacte de cette dérogation demeure floue.

La récolte du muguet a débuté plus tôt, cette année. © Florentin Delacour
La récolte du muguet a débuté plus tôt, cette année. © Florentin Delacour

Florentin DELACOUR

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