Les commerçants aux abord du pont Anne de Bretagne connaissent une baisse de fréquentation drastique depuis le début des travaux.
La ruelle des commerçants au pied du pont Anne de Bretagne s'apprête à fermer son accès piéton. crédit : Tristan Mahé

Travaux du pont Anne de Bretagne : des commerces durement touchés

Depuis le début des travaux sur le pont Anne de Bretagne en 2024, les commerçants des environs en pâtissent et voient leur chiffre d’affaires baisser. Il craignent de ne pas tenir jusqu’à 2027, et tentent de s’adapter.

Les commerçants aux abord du pont Anne de Bretagne connaissent une baisse de fréquentation drastique depuis le début des travaux.
La ruelle des commerçants au pied du pont Anne de Bretagne s’apprête à fermer son accès piéton. crédit : Tristan Mahé

“Quand on est arrivé au début, on était assez serein, on ne pensait pas qu’il y aurait des travaux.” Ce sont les mots de Benjamin Limousin, l’un des quelques commerçants qui profitaient des nombreux passages au pied du pont Anne de Bretagne, avant que les travaux ne repousse complètement les clients.

“Moins 20 pourcents de chiffre d’affaires”

A l’annonce des travaux, Benjamin, cofondateur et gérant du magasin “La laiterie nantaise” depuis juillet 2021, s’attendait à une perte de vitesse de son commerce. Mais il n’était à rien de semblable que ce qui arrive maintenant. “Jusqu’à septembre 2024, ça allait encore. Mais depuis, ça n’a fait qu’empirer”, confie le commerçant.

Les commerces nantais sont de l’autre côté des travaux. crédit : Tristan Mahé

Sa boutique ne connaissait presque qu’une clientèle de proximité, très locale. Aujourd’hui, le chiffre d’affaire total en est rendu à une baisse de 20 pourcents en comparaison avec les mois précédents. “Même si l’Eléphant attire du monde, les travaux ne donnent pas du tout envie de traverser et d’aller fouiller pour des petits commerces invisibles depuis l’autre côté”, explique Benjamin. “Et puis ce n’est pas le bon moment pour faire marcher un business : avec le prix qui augmentent, les gens font plus attention à ce qu’ils achètent”.

Certains habitués ont même arrêté de venir à la laiterie à cause du trop-plein de contraintes. Le restaurant fast-food adjacent “Bioburger” connaît également une baisse de fréquentation significative. Aurélien Giraud, manager du restaurant, raconte avoir réduit sa masse salariale : “On a dû se séparer de trois salariés depuis le début des travaux.” Benjamin, quant à lui fait tout pour ne supprimer aucun des trois postes de salariés qu’il gère : “C’est très dur psychologiquement.”

Des commerces qui misent sur la promotion

Pour ces commerçants, il est devenu indispensable de miser beaucoup plus qu’avant sur l’aspect communication et promotion de leurs boutiques. “Je passe beaucoup plus de temps à faire de la promotion, a chercher des clients extérieurs et des épiceries ou des restaurateurs qui pourraient m’acheter mes produits puis les revendre”, détaille Benjamin.

Il explique n’avoir appris il y a une semaine seulement que la ruelle où il est installé va faire l’objet de plus gros travaux, et va voir son accès piéton complètement coupé. Un coup de massue pour les quelques commerçants occupant la ruelle, qui discutent entre eux des difficultés rencontrées. Pour Aurélien, c’est l’affichage et les réseaux sociaux qui marchent bien pour pallier la perte de clients : “Il faut changer de fonctionnement”.

Benjamin Limousin tente de faire tenir financièrement sa laiterie. crédit : Tristan Mahé

“Je repousse certaines factures, je ne paie pas”

“J’étais en croissance avant les travaux, mais maintenant, j’espère juste tenir le coup”, témoigne Benjamin. Il explique avoir échangé avec Nantes Métropole, qui propose des aides aux commerçants durement impactés. Mais il explique que l’aide se fait sur le référentiel des deux années précédant les travaux, en calculant sa perte de clients depuis 2024. “Je venais tout juste de m’installer, je n’avais pas encore beaucoup de clients, ça commençait tout juste à augmenter.

Pour l’instant, Nantes métropole voit seulement que la variation du chiffre d’affaires n’est pas si énorme”, déplore le ligérien, qui a fait une nouvelle demande d’aide actuellement encore en attente. Benjamin pense avoir une réponse d’ici quatre mois : “Ils gagnent du temps, et en attendant je repousse et j’échelonne des factures pour tenir. Parfois je ne ma paie même pas”, explique-t-il dans un souffle.

Et tout le monde est bien impacté, mais Bioburger, mieux implanté, est parvenu à bénéficier des aides de la ville de Nantes jusqu’à 2027 : “Sans les aides, ça aurait été dur”, confie Aurélien.

Vous pouvez lire aussi : https://adn-actu.fr/clement-et-alexis-deux-freres-ouvrent-une-premiere-boutique-de-la-fabrique-cookies-a-nantes/

Tristan Mahé

Le Fil Info

Autres articles