Le parc du Grand Blottereau accueillera samedi 4 avril prochain la deuxième édition du Run for Lorène. Une course caritative et solidaire organisée par l’association Effervescence Jeunes pour sensibiliser sur les questions de santé mentale.
Après le succès de l’édition de 2025 qui comptait plus de 1200 inscrits, l’association remet ça. Plusieurs formats sont proposés — courses de cinq et dix kilomètres, marches accessibles à tous, relais — pour permettre à chacun de participer « à son rythme », soulignent les organisateurs.
L’événement se veut inclusif et intergénérationnel. « Le premier objectif est de rassembler les personnes autour d’une même cause. Un événement fait par les jeunes pour des jeunes qu’on imagine grâce au sport. Ça permet de libérer la parole », explique Rayan Laribi, vice-président de l’association.
Un drame à l’origine du projet
L’idée d’organiser cette course solidaire fait suite à un drame. Le 24 avril 2025, Lorène, lycéenne âgée de quinze ans et scolarisée à Notre-Dame-de-Toutes-Aides à Nantes, est tuée au sein même de l’établissement, poignardée par l’un de ses camarades de classe. Un garçon, « au profil suicidaire », selon les mots du procureur de la République de Nantes, qui a été rapidement interné. Mis en examen en janvier pour assassinat, il est aujourd’hui pris en charge dans une structure spécialisée, à Albi.
Très vite, la communauté éducative refuse de rester figée dans la sidération. « On voulait finir l’année sur quelque chose de positif », confie un enseignant impliqué dans le projet. Dans ce contexte, les parents de Lorène avec l’aide d’élèves et professeurs imaginent une initiative fédératrice : une course solidaire ouverte à tous.
L’objectif est double : rendre hommage à Lorène et transformer l’émotion en action concrète. C’est dans ce contexte que naît l’association Effervescence Jeunes, chargée de porter des actions en faveur de la santé mentale.
Mettre la santé mentale au cœur du débat
En plus de la course, un village associatif sera installé pour favoriser les échanges. Des professionnels et associations engagés dans la santé mentale viendront sensibiliser le public, notamment les jeunes.
Les organisateurs veulent briser les tabous. « On parle encore trop peu de la santé mentale des jeunes. On a touché le fond de la piscine. Des jeunes qui agressent d’autres jeunes, ce n’est pas possible. Ce sont les adultes de demain. Ils ont besoin d’aide », alerte Béatrice Gourmaud, présidente d’Effervescence Jeunes et mère de Lorène.
Les fonds récoltés serviront à financer des actions concrètes : ateliers, interventions dans les établissements, dispositifs d’écoute. « 100 % des bénéfices sont reversés à des projets pour les jeunes », précise-t-elle.