Samuel Latouche, vendeur à Run Aventure à Nantes, conseille amateurs et confirmés avant le marathon.
Samuel Latouche, vendeur à Run Aventure à Nantes, conseille amateurs et confirmés avant le marathon.

L’engouement autour des marathons, entre tendance et exploit sportif

Chaque année, la course aux dossards pour le marathon de Nantes se fait de plus en plus rude. Une évolution reconnue par les magasins spécialisés en course à pied. Les amateurs sont de plus en plus nombreux à se lancer.

Les baskets qui tapent contre le sol, un son familier dans les rues de Nantes. Que ce soit sur les bords de l’Erdre ou en plein centre-ville, la course à pied peut se pratiquer partout et n’importe quand. “Il n’y a pas besoin d’équipement spécifique pour commencer, maintenant tout le monde peut aller courir”, souligne Samuel Latouche, vendeur à la boutique Run Aventure à Nantes. Un constat expliqué par Seghir Lazri, sociologue du sport : “Courir, c’est en apparence assez simple, cela ne laisse pas de traces.” Selon l’expert, la discipline n’est pas énergivore et donc compatible avec une vie sociale et professionnelle. Ce que confirme Stéphane, coureur amateur et directeur des ressources humaines : “Je peux aller me faire un petit footing avant d’aller au travail ou sur ma pause du midi, ça ne me fatigue pas trop mais ça me dépense et me vide la tête”, confie-t-il.

Une préparation sous-estimée

La course a pied a fait bouger la cité des Ducs fin avril avec le marathon, le semi et les foulées de l’éléphant. Un évènement qui a suscité de l’engouement, une période bénéfique pour les boutiques spécialisées dans la course à pied. “Quelques semaines avant le marathon il y a toujours beaucoup de monde, surtout pour acheter des accessoires et pour la nutrition. C’est le moment des derniers conseils”, raconte Samuel Latouche. Le vendeur est habitué à accompagner les débutants qui voient rapidement grand. “De plus en plus de coureurs qui commencent tout juste, se lance dans un marathon directement sans avoir fait d’autres courses avant”, explique le vendeur. Selon lui, pour une bonne préparation “il faut courir au moins 60 à 70 kilomètres par semaine.” Aujourd’hui, les marathons peuvent paraître accessibles. Une idée reçue pour Samuel Latouche : “Le problème c’est que sur les réseaux sociaux, on voit de plus en plus d’influenceurs courir des marathons avec des préparations de seulement trois mois. C’est dangereux de faire croire qu’on peut tous le faire avec notre routine habituelle.” Des propos confirmés par Seghir Lazri : “La médiatisation va toujours participer à l’essor d’un sport. Ce qui va créer l’engouement, c’est surtout la visibilité de l’évènement.”

“Si vous commencez à courir, vous finirez par faire un marathon”

Une influence des réseaux sociaux qui se traduit directement avec les chiffres du marathon : 7 000 dossards ont été attribués cette année, contre 5 500 en 2025. Mais pourquoi la compétition d’un sport, pourtant pratiqué pour soi et sa santé, attire-t-elle autant ? “Même si vous courez pour vous maintenir en forme, il y a toujours l’idée de challenge. La structuration du monde de la course à pied fait que ça correspond à l’idée de performer, de se dépasser et de se mesurer. Comme les attentes de la société, finalement”, analyse le sociologue du sport. Pour lui, “si vous commencez à courir, vous finirez par faire un marathon.” De quoi donner beaucoup de travail aux magasins de course à pied : “Les marathons représentent un pic pour nous, relate-t-il, actuellement, nous sommes en période de creux, les coureurs se remettent de leur fatigue physique et psychologique. Car faire un marathon ce n’est pas rien.”

Morgane Gérard et Lilou Ferré-Portier

Le Fil Info

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