Nantes est la 4e grande ville de France qui subit le moins de cambriolages.

Les cambriolages encore en baisse à Nantes

Depuis 2019, le nombre de cambriolages recule à Nantes. Un phénomène confirmé par les chiffres et les acteurs de terrain mais qui n’est pas à prendre pour acquis.

Tendance à la baisse en France mais aussi à Nantes, le nombre de cambriolages ne cesse de diminuer. Selon l’Atlas de la délinquance du ministère de l’Intérieur, le phénomène a nettement reculé depuis la fin des années 2010. En 2016, dans l’Hexagone, on comptait près de 248 000 cambriolages sur l’année contre 212 000 en 2025. Une baisse significative tant elle a été régulière sur les dernières années.

Et la Cité des Ducs ne déroge pas à la règle. Depuis 2019, le nombre de cambriolages pour 1000 logements est passé de 10,6 à 6,4. Bien en dessous de Lille (9 / 1000) ou Marseille (9,3 / 1000). Un écart important que les syndicats nantais attribuent au travail des services spécialisés regroupés au sein de la brigade des cambriolages. « Le travail est toujours le même. C’est un travail de fond et d’enquête de longue durée qui porte aujourd’hui ses fruits », explique Thierry Ardouin, secrétaire départemental d’ALTERNATIVE Police CFDT en Loire Atlantique.

Un travail de fond des enquêteurs


Car derrière les chiffres, en réalité seule une poignée d’individus suffit à faire grimper les statistiques. « Les cambrioleurs ont souvent le même profil de récidiviste donc le jour où ils sont écroués, vous avez forcément une chute des cambriolages », explique Thierry Ardouin.

Et sur le terrain, les policiers constatent une évolution bien réelle. « Les cambrioleurs qui continuent d’opérer sont beaucoup moins nombreux qu’avant donc la traque devient plus évidente », insiste le syndicaliste. 

Mais pour faire diminuer un tel phénomène, tout ne se joue pas sur le terrain. La baisse dépend aussi des suites judiciaires. Un aspect plus critiqué par le syndicaliste. « Nous, on fait notre boulot avant de laisser la suite à la justice. Malheureusement, on sait que les peines sont assez courtes en général. Et si vous les libérez, ils recommencent. Ces cambrioleurs n’ont pas de peine », tranche-t-il sèchement.

Un constat qui met en lumière une forme de frustration chez les forces de l’ordre malgré de bons résultats. Pour un cambriolage, les peines encourues peuvent aller jusqu’à cinq ans de prison en cas de récidive, mais dans les faits, leur application reste variable. « Le problème, ce n’est pas la peine maximale, c’est la peine minimale. Et en France, elle est de zéro », glisse Thierry Ardouin. Un flou juridique qui entraîne les délinquants à continuer, en intégrant le faible risque judiciaire dans leur calcul. « Ce que ça leur coûte est inférieur à ce que ça leur rapporte. Ils ne pensent qu’à l’argent », résume le syndicaliste.

La Loire-Atlantique est le 12e département français où il y a le plus grand nombre de cambriolages.

Une tendance à surveiller

Reste que cette baisse repose sur un fil. Elle dépend de l’équilibre entre travail policier, décisions judiciaires. Pour les habitants, la vigilance reste de mise. Car si les chiffres reculent, le phénomène, lui, n’a pas disparu. Et pourrait repartir à la hausse si les conditions venaient à changer.

Malgré la baisse, le sentiment d’insécurité, lui, ne recule pas au même rythme. Selon une enquête du site Dépanneo, relayée par le ministère de l’Intérieur, 78% des Français se disent encore inquiets à l’idée d’être cambriolés pendant une longue absence. Une crainte particulièrement forte chez les habitants de maisons individuelles, plus exposées. Pour quelqu’un habitant en maison le risque de cambriolage est de 32% contre 28% en appartement. Aujourd’hui, un tiers des français déclarent avoir déjà été cambriolé, selon Dépanneo.

Le Fil Info

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