Les pratiquants nantais se retrouvent à Vertical Art pour grimper. © Tristan Mahé

Comment l’escalade est devenue un sport populaire à Nantes

Durant ces dix dernières années, l’escalade s’est développée dans la métropole nantaise et sa périphérie. Les salles d’escalade se sont multipliées, tout comme le nombre de pratiquants.

S’élever, effleurer les nuages… Le rêve de tous, et depuis plusieurs années, de nombreux sportifs s’en rapprochent grâce à leur nouvelle passion pour l’escalade. Selon une étude de la Fédération Française de la Montagne et de l’Escalade (FFME), la pratique a connu une explosion : sur ces dix dernières années, le nombre de personnes faisant de l’escalade a doublé et atteint deux millions, soit un million de plus qu’en 2016. Nantes n’échappe pas à la tendance.

Les pratiquants nantais se retrouvent à Vertical Art pour grimper. © Tristan Mahé

” Maintenant, c’est un sport comme les autres “

Aujourd’hui, ce sport est devenu un sport populaire, contrairement à il y a quelques années. Mathilde pratique régulièrement l’escalade en intérieur et en extérieur depuis près de dix ans. Elle a remarqué une montée significative de fréquentation des salles : ” Avant, quand je disais que je faisais de l’escalade on me disait que c’était niche, mais maintenant c’est un sport comme les autres dans l’esprit des gens. “

Mais cela pose pour elle quelques problèmes, notamment au niveau de la sécurité, trop peu prise en considération depuis l’augmentation de grimpeurs. ” On a littéralement la vie de quelqu’un entre nos mains ! “

Yann est employé au complexe Altissimo ouvert depuis 2013 à Saint Sébastien sur Loire. Il remarque également le remplissage des salles nantaises. Il ne sait pas si c’est une cause ou une conséquence, mais il témoigne avoir assisté à une évolution du matériel et des infrastructures pour s’adapter. ” On a modernisé les prises, mis en place des voies type compétition, mais on a surtout ouvert un bar, comme beaucoup d’autres salles ont fait. “

Plus de 300 lieux d’escalade en France

La raison de ce gain d’intérêt soudain pour l’escalade relève de deux principales raisons. Tout d’abord, les salles d’escalade en milieu urbain sont devenues beaucoup plus accessibles. Ces installations ont permis aux novices de s’initier sans se munir d’équipement particulier.

Car oui, le nombre de lieux privés spécialisés dans la grimpe a bondi : 300 lieux d’escalade sont actuellement opérationnels en France, et plus de 20 salles ont ouvert chaque année depuis une décennie. Sur Nantes, il existe sept salles pour pratiquer l’escalade en intérieur, pour le bloc ou la voie. Deux lieux sont quant à eux dédiés à la grimpe en extérieur.

Une autre raison pouvant expliquer ce phénomène serait les Jeux Olympiques de Tokyo en 2020. Ces jeux ont marqué un tournant dans l’engouement pour la pratique, car c’était la première fois que l’escalade était incluse dans le programme olympique. ” Ça a mis en lumière ce sport, et ça a permis aux fédérations de chaque pays de se développer “, affirme Yann. Mais il explique que, depuis deux ans déjà, le nombre d’adeptes est en nette baisse.

Un effet rebond

” Les abonnements deviennent plus chers pour payer les charges des salles. Presque toutes les salles d’escalade ont un bar ont un coin restauration maintenant. Pour Vertical Art, un autre réseau de salles, c’est ce qui prend le plus de temps. Ils ont fermé trois salles en deux ans. ” Mais pour Yann, une des principales raisons du développement de l’escalade, et plus particulièrement du bloc, c’est son côté plus accessible et jeune.

Pas besoin de s’encorder en bloc, et tous les débutants et de nombreux confirmés se sont mis à publier sur les réseaux sociaux leurs performances, ce qui a rapidement évolué en la faveur de la pratique.

Tristan Mahé

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