L'infirmier urgentiste Mathieu Hanicotte s'exprime devant les syndiqués et les soignants.
L'infirmier urgentiste Mathieu Hanicotte s'exprime devant les syndiqués et les soignants.

CHU de Nantes : Manque de lits, délais de prise en charge, les soignants manifestent

Un rassemblement a eu lieu, ce lundi 23 mars, aux urgences du CHU de Nantes. Dix postes et 120 lits d’aval sont demandés par les soignants. Le cortège a terminé sa route jusque dans les locaux de la direction du CHU.

Ce lundi 23 mars aux urgences du CHU de Nantes, une quarantaine d’infirmiers et employés ont répondu à l’appel du syndicat Force ouvrière pour dénoncer les conditions de travail dans le service. Le personnel pointe du doigt des délais de prise en charge beaucoup trop longs et un manque de lits qui rend “impossible” la prise en charge des patients dans les meilleures conditions.

Pour Mathieu Hanicotte, infirmier urgentiste au CHU de Nantes, la situation n’est pas tenable. « La direction ne nous entend pas. Plusieurs services ont besoin de postes supplémentaires pour pouvoir soigner correctement les patients. On nous dit que c’est un problème budgétaire mais on apprend que l’hôpital a fait 40 millions d’euros de bénéfice l’année dernière », explique-t-il devant le rassemblement. « La sécurité sociale se voit sacrifier sur l’autel de l’austérité et de l’économie de guerre », conclut Jérémy Beurel, secrétaire adjoint de Force ouvrière au CHU de Nantes.

Du service des urgences aux bureaux de la direction

Le cortège quitte par la suite le service des urgences pour continuer sa route au sein même du CHU. « Des bras, des lits pour l’hôpital public ! », scandent soignants et syndiqués en traversant les différents couloirs. Dix minutes plus tard, le cortège sort du bâtiment et se dirige droit vers les locaux de la direction dans lesquels il parvient à rentrer. Au rythme des différents chants, le groupe atteint les escaliers et parvient jusque devant le bureau du directeur des ressources humaines du CHU de Nantes, Sébastien Pecker.

Ce dernier est présent et affirme que des solutions sont actuellement étudiées. «Tout un plan d’action d’ un million d’euros a été mis en place pour renforcer les urgences et faire baisser la charge en soins. Cela commence à fonctionner, déclare-t-il devant les manifestants. Nous essayons de faire les meilleures propositions avec les budgets que nous avons. »

« Il y a des soignants qui s’épuisent et des gens qui meurent »

Du côté des soignants, la réalité est toute autre. « Nous sommes fatigués et nous n’avons pas le luxe d’attendre que les choses se passent. Il y a des soignants qui s’épuisent et des gens qui meurent », dénonce une jeune urgentiste. « Nous ne pouvons pas emmener des patients aux toilettes à cause du manque de personnel et rien ne change », partage une autre infirmière.

Alors que les voix se haussent, les négociations pour l’organisation d’une réunion entre les syndicats et le directeur du CHU, Philippe El Saïr, sont au point mort. « Cet entretien ne s’organisera pas sur un coup de tête », termine Sébastien Pecker, attisant de nouveau la colère des militants.

Le Fil Info

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