Depuis quelques années, les intelligences artificielles ont infiltré les vies de tous. Et certains domaines d’activités s’en retrouvent très impactés. Nous sommes allés au contact des étudiants nantais pour connaître leur position sur le sujet.
Si l’intelligence artificielle (IA) commence à être réputée comme une aide précieuse dans ses projets, la génération Z a commencé à se l’approprier. Sur Nantes, plusieurs étudiants d’écoles différentes en font une utilisation propre à leur formation.
Selon une étude de l’IFOP pour Jedha AI School, les jeunes âgés de 16 à 25 ans ont davantage recours à l’intelligence artificielle que le reste de la population française. D’après l’étude “Les jeunes face à l’IA”, il s’est avéré que près de 9 jeunes sur 10 ont déjà utilisé une IA générative (Chat GPT, Gemini, Claude…). 73% l’utilisent même chaque semaine.
Comment l’utilisent les Nantais ?
Et les étudiants de Nantes ne font pas exception à la règle. Léopold, qui étudie à Nantes la méthode informatique appliquée à la gestion d’entreprise, explique s’en servir assez régulièrement, comme le reste des jeunes de sa formation : « Je l’utilise pour me corriger, pour synthétiser mes cours, et pour voir si mon travail peut être amélioré. Mais je fais le gros du travail moi-même. »
Selon Marius*, un autre étudiant dans la création de sites web et alternant dans une boite nantaise, l’IA est devenue un outil quotidien pour traduire, faire une recherche, et même écrire du code dans le cadre de certains de ses cours.
Un sujet dont on parle assez ?
Pour Marius, l’IA est facile d’accès, et c’est une bonne chose qu’aucune compétence technique ne soit nécessaire à son utilisation.
« L’IA me permet d’aller plus vite, de travailler de manière plus efficace, mais d’un autre côté, plus je l’utilise et plus je m’en sens dépendant » nuance-t-il..
Violaine, étudiante en 2e année en école de design à Nantes, témoigne de la place qu’a prise l’IA dans les discussions et les cours. Photoshop, dessins… « On parle d’IA à presque tous les cours », relate Violaine. « Les professeurs veulent qu’on utilise l’IA à bon escient, ils ne nous restreignent pas du tout à ce niveau là. »
Mais pour le moment, dans son école, comme dans celle de Léopold, aucun cours n’est entièrement dédié à l’utilisation de l’intelligence artificielle. Un problème d’un point de vue déontologique pour d’autres étudiants.
Un problème éthique pour les métiers artistiques
Toujours selon l’étude de l’IFOP sur l’IA, 47% des jeunes voient en l’IA une menace pour l’emploi. Mais dans la classe de Violaine, seuls trois élèves sur les 20 de sa classe se positionnent clairement contre.
Mathilde, étudiante dans le design d’espace et dans l’art, confie utiliser l’IA le moins possible, par souci de déontologie. Seulement pour du textuel ou des recherches précises.
« Je ne comprends pas ceux qui l’utilisent pour l’illustration. C’est se contenter du “moyen”. »
En plus de la grande question écologique, Mathilde explique que l’un des problèmes principaux est le respect du droit d’auteur quand l’IA touche à l’art et se réfère à des créations déjà existantes. « Je trouve ça trop impersonnel et trop peu sensible », affirme-t-elle.
Pour Marius, « une expertise sera toujours nécessaire pour piloter les IA », bien que devoir se convertir en créateur de prompt l’inquiète pour l’avenir.
« L’intelligence artificielle a déjà pris trop de place dans nos vies », conclut Violaine.
Tristan Mahé
NDLR : les prénoms suivis de * ont été changés par soucis d’anonymat.