Des tuyaux et une paire de tongs, que faut-il de plus pour faire de la musique techno ? Il y a presque 10 ans, c’était dans les rues nantaises que Bass Tong jouait sa musique. Vendredi 27 mars, c’est au LAB qu’il fera découvrir une nouvelle fois la techno acoustique.
Son style musical “tech-low” (ou la low-tech, qui s’inscrit dans un mouvement globale visant à offrir des solutions par le biais d’innovations simples, efficientes, écologiques et nécessitant peu de ressources), a vocation « à revenir à quelque chose de plus humain, plus organique », explique-t-il.
Dans une opposition au système capitaliste et à notre société de consommation, Bass Tong souhaite que son art «sorte de la standardisation, qu’il soit moins millimétré ». Politisé lors des manifestations contre l’aéroport de Notre-Dame-Des-Landes, projet abandonné en 2018, Bass Tong utilise sa musique pour investir les luttes.

La récup pour seuls instruments
Le jeune homme commence à jouer lors de ses études aux Beaux-Arts de Nantes. L’école étant entourée de chantiers à l’époque, Bass Tong s’est lié d’amitié avec les ouvriers et a ainsi pu récupérer PVC, métal, contreplaqué et tout le nécessaire pour développer ses instruments. « On n’a pas besoin d’investir dans beaucoup de matériel pour envoyer du lourd sur scène », ajoute-t-il.
« Je n’ai rien inventé »
Le déclic, il l’a lors d’un voyage en Nouvelle-Calédonie. Bass Tong entend la musique Kanak résonner à l’aide de bambous. La low-tech « c’est un nouveau marché qui existe depuis toujours. Ce sont des techniques ancestrales que l’on remet juste au goût du jour », explique le musicien.